UNE SALUTAIRE SORTIE DE LA RUE

Le Centre d'hébergement d'urgence (CHU) est agréé pour l’hébergement de 40 personnes en situation de grande exclusion.

En dépit de la notion d'urgence inclue dans son appellation, de nombreuses personnes y vivent pendant de longues périodes, parfois plusieurs années, sans solution d’orientation, soit du fait de leur situation administrative, soit à cause du cumul de problématiques rendant difficile leur mobilisation autour d’un projet d’insertion. 

Ce fonctionnement et la spécificité de son public rapprochent le CHU du Refuge d'un Centre d'hébergement de stabilisation (CHS). L'idée de ce type de structure est de garantir un droit à l'hébergement durable à un public marginalisé, et de partir des attentes et besoins réels des personnes, sans les contraindre à adhérer à un projet d'insertion par le logement et l'emploi, souvent irréaliste et excluant.

Les personnes hébergées au CHU ont accès aux services de l’Accueil de jour, sous la forme d’un Projet d’accompagnement individualisé (PAI) : service social, psychologue, service médical, accompagnement juridique…

 

role d’un accueillant-veilleur du chu

Il faut rappeler que nous sommes dans le département 93 (Seine-Saint-Denis) parmi les rares structures qui accueillent indistinctement toute personne, selon notre principe déterminé d'inconditionnalité appliqué depuis l'origine du Refuge aussi bien dans le cadre de l'Accueil de jour que dans le cadre du CHU...

Cette inconditionnalité peut exposer l'équipe à des situations très lourdes, très préoccupantes : nous pouvons donner l'exemple de cet hébergé particulièrement difficile qui, un soir, s'est couché par terre au milieu de l'Avenue Jean Lolive, ce qui nous a conduit évidemment à intervenir. Et nous vivons d'autres situations aussi complexes que celle-ci.

Bien sûr, nombreux sont parmi les hébergés ceux qui vivent tranquillement leurs soirées et leurs nuits au CHU, qui viennent vers tel ou tel veilleur, selon les affinités, pour discuter, parfois pendant de longues heures, pour raconter leur vie,  pour parler du pays d'origine, en fait pour parler de tout, et aussi pour demander des conseils quant à leur situation administrative. Dans ce cas, nous les orientons vers les personnes spécialisées du Refuge.

La majorité des hébergés sont des hommes d'un certain âge, immigrés d'origines diverses qui sont en France depuis longtemps, rarement depuis moins de 10 ans, et qui ont connu dans leur vie divers types de ruptures, familiales, professionnelles, ruptures habituellement liées à l'alcool, sans qu'il soit possible de savoir si celui-ci a été la cause ou la conséquence de la situation, même si eux-mêmes le décrivent systématiquement comme une conséquence de leurs difficultés... 

Il y a des sympathies, des petits groupes qui se forment, de véritables amitiés, des comportements de solidarité et d'entraide qui s'installent, par exemple au regard de sanctions qui peuvent concerner l'un ou l'autre : des usagers viennent nous voir pour essayer d'intercéder en sa faveur.

Nous voyons aussi des attitudes d'entraide par exemple dans le domaine de l'alimentation, sous forme de partages de denrées acquises hors du Refuge. Il n'est pas rare, aussi, que des usagers viennent nous informer que tel ou tel de leurs"collègues" ne va pas bien, afin de faire appel à notre vigilance et notre aide.

Le mixage des origines, pratiqué dans les bungalows, ne pose pas de problèmes de cohabitation : ainsi, par exemple, un bungalow accueille dans une même communauté un Algérien, un Marocain, un Roumain, un Ivoirien.

 

Informations Pratiques

Le Centre d'hébergement d'urgence est ouvert jour et nuit. Certaines places sont réservées à des accueils d’extrême urgence.

Les places en CHU sont attribuées en concertation avec le Service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) du département de la Seine-Saint-Denis.

Si vous avez connaissance de personnes en danger à la rue, n'hésitez pas à appeler le 115.